
Né(e) le : 31 mars 2000 à Montélimar
Handicap : Paraplégie
CAT : H3
Résidence : Auvergne-Rhône-Alpes
Club : Vélo club rumillien
PALMARÈS
2023 – Championnats d’Europe sur route
- Rotterdam : Médaille d’or – Relais mixte
2023 – Championnats du Monde
- Glasgow : Médaille de bronze – Contre-la-montre / Médaille de bronze – Course en ligne WH3
2023 – Coupe du Monde
- Maniago (ITA) : 4ème contre-la-monte
- Ostende (BEL) : 5ème contre-la-montre
INTERVIEW
Peux-tu te présenter ?
« Anaïs, j’ai 25 ans et je pratique le handbike en paracyclisme depuis 2022. J’ai travaillé jusqu’à obtenir ma sélection aux Jeux Paralympiques où j’ai fait deux 5e places, et je suis vice-championne du monde. »
Ton parcours est marqué par la vitesse à laquelle tu as progressé. Qu’est-ce qui explique cette progression rapide ?
« Je pense que c’est allé très vite et je ne m’en suis peut-être pas rendu compte sur le moment. J’ai eu la chance de progresser vite parce que j’avais envie de me fixer des objectifs en compétition rapidement après mon accident. J’ai fait aussi des rencontres qui m’ont fait gagner du temps, comme Florian Jouanny, qui est aujourd’hui mon compagnon. Ça m’a fait progresser rapidement au niveau de l’entraînement, aussi au niveau de la recherche sur le matériel, parce qu’on est un sport mécanique et ça joue quand même beaucoup. Et puis sur le quotidien de sportif de haut niveau, bien récupérer, bien s’alimenter… C’est tout cet ensemble, je pense, qui m’a permis d’aller assez vite et de progresser. »
Comment le handbike s’est-il imposé à toi après ton accident ?
« Dans ma tête, je faisais beaucoup de sport avant et ce n’était pas possible de ne plus en faire. Dans mon centre de rééducation, j’ai été accompagnée pour voir les différents sports. Très vite, le vélo a semblé être le sport qui me correspondait, dans le sens où c’était en extérieur, je pouvais être autonome, je pouvais forcer, c’est un sport qui redonnait des sensations que j’avais avant. C’était assez naturel. »
Tu te souviens de tes premières sensations en handbike ?
« La première fois que je suis allée dans un handbike, c’était en centre de rééducation, je venais tout juste d’avoir l’autorisation du médecin. Déjà, pour s’installer dans le handbike, on a mis beaucoup de temps, et je n’allais pas vite. Mais les premières sensations, c’est : ah oui, c’est différent du fauteuil roulant. On va pouvoir faire des choses, avoir des sensations de vitesse, on peut forcer. Ça ouvrait de belles perspectives pour la suite. »
Qu’est-ce que tes deux médailles de bronze aux championnats du monde de Glasgow, en 2023, ont changé pour toi ?
« Ça m’a surpris, et dans le bon sens, parce que déjà, obtenir la sélection au championnat du monde, ce n’était pas évident. C’étaient mes premiers championnats du monde sélectifs, il fallait faire top 4. Et en fait, c’était tout nouveau pour moi : déjà y aller, c’est une victoire, et en plus repartir avec deux médailles de bronze, je me suis dit « ah oui, c’est possible », et ça m’a motivée pour la suite. »
Comment as-tu vécu ton expérience aux Jeux Paralympiques de Paris ?
« C’est très frustrant, mais il faut en tirer les bonnes choses, il ne faut pas rester plantée là, il faut agir. J’étais déçue, je m’étais beaucoup entraînée, peut-être que ça n’a pas reflété mon engagement, donc c’est pour ça aussi qu’il y a de la déception. Mais il faut avancer, c’est comme ça. Peut-être que je manquais d’expérience, tout est allé si vite et finalement je me suis fait un peu rattraper. Mais il faut continuer à s’entraîner pour être meilleure. »
Ton compagnon Florian Jouanny est lui-même champion paralympique. Comment vit-on ce genre de situation à deux ?
« Ce n’est pas évident à deux, parce qu’il y a beaucoup d’avantages à s’entraîner, à être motivé tous les jours ensemble. Mais faire de bons résultats tous les deux en même temps, c’est compliqué. Là, moi j’étais très frustrée, mais en même temps j’avais le sentiment de féliciter Florian qui a très bien réussi, et de partager ce moment avec nos familles. Je pense que l’objectif prochain, c’est de monter tous les deux sur la boîte au même moment. »
Il y a très peu de femmes qui pratiquent le handbike. Qu’est-ce que tu dirais à une femme en situation de handicap qui hésite à se lancer ?
« C’est vrai qu’on n’est pas beaucoup de femmes en France, et c’est bien dommage, parce que c’est un sport super, un sport d’extérieur. Moi j’ai vraiment accroché. C’est vrai que ce n’est peut-être pas assez accessible encore aujourd’hui, c’est un sport mécanique qui coûte cher. Donc il faut essayer de se rapprocher des comités handisport, des clubs, des associations qui peuvent déjà faire essayer en loisir, et puis s’il y a l’envie de faire de la compétition, il ne faut pas hésiter à se lancer. »
À SAVOIR
Après un accident de montagne, Anaïs Vincent découvre le handbike en centre de rééducation. Séduite par les sensations de vitesse et l’autonomie que lui offre ce sport, elle progresse à un rythme fulgurant : deux ans à peine après ses débuts, elle dispute déjà ses premiers Jeux Paralympiques à Paris 2024. Vice-championne du monde, elle décroche également deux médailles de bronze aux championnats du monde de Glasgow en 2023, ainsi qu’un titre européen en relais mixte. Basée à Romilly-sur-Seine, ville d’accueil historique du paracyclisme, elle fait partie des rares femmes à pratiquer le handbike en France et œuvre, à travers ses résultats, à remettre la discipline féminine sur le devant de la scène.
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