
Né(e) le : 1 décembre 1978 à Roanne (42)
Handicap : Amputé tibial
CAT : H5
Résidence : Auvergne-Rhône-Alpes
Club : HANDISPORT ROANNAIS / Vélo Club Roannais
Entraîneur : Vincent Terrier (VéloCoachOnLine) / Thibault Thomas (Crossfit Roanne)
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’argent – contre-la-montre
2023 – Championnats d’Europe sur route
- Rotterdam : Médaille d’argent – contre-la-montre / Médaille de bronze – course en ligne
2023 – Championnats du Monde
- Glasgow : Médaille de bronze – Contre-la-montre / Médaille de bronze – Course en ligne MH5
2022 – Coupe du Monde
- Vainqueur du Classement général H5 et relais
2022 – Championnat d’Europe
Upper (Autriche) : Médaille d’or – Relais
2022 – Championnats du Monde sur route
- Baie Comeau (Canada) : Médaille d’argent – Contre-la-montre / Médaille d’argent – Course en Ligne H5 / Médaille d’or – relais Handbike H1-H5
2022 – Championnats d’Europe sur route
- Autriche : Médaille d’argent – Contre-la-montre H5 et Course en ligne H5
2021 – Jeux Paralympiques
- Tokyo : Médaille d’argent – Course sur route contre la montre H5 / Médaille d’argent – Course sur route en ligne H5 / Médaille d’argent – Relais par équipe H1-5
2021 – Championnat du Monde sur route
- Cascais : Médaille d’argent – Contre-la-montre H5 / Médaille d’argent – Course en ligne H5
2021 – Coupe du Monde
- Ostende : Médaille d’or – Contre-la-montre H5
2021 – Tour des Flandres
- Belgique : Médaille d’or – Catégorie H5
2019 – Championnat du Monde sur route
- Emmen : 5ème place – Contre-la-montre H5 / 5ème place – Relais par équipe
2018 – Championnat du Monde sur route
- Maniago : 6ème place – Course en ligne H5 / 7ème place – Contre-la-montre H5
INTERVIEW
Peux-tu te présenter ?
« Loïc Vergnaud, je fais du handbike depuis une quinzaine d’années, dont une dizaine au haut niveau. J’ai participé à deux paralympiades, Tokyo et Paris, où j’ai remporté cinq médailles d’argent. J’ai aussi plusieurs titres de champion du monde, dont un en relais. »
Tu as eu un accident de chariot élévateur en 2004. Comment as-tu vécu cette période et le retour au sport ?
« La première chose, c’est qu’on pense à se soigner. Il y a l’entourage qui aide autour, la famille, les amis, et aussi des personnes inconnues, dans les hôpitaux, qui ont vécu des accidents similaires et qui viennent aider un peu les patients. Mes premiers objectifs, c’était de pouvoir retourner chez moi le plus vite possible, reprendre mon activité professionnelle. J’ai eu la chance qu’une équipe de foot-fauteuil se monte en même temps en équipe de France, donc j’ai pu participer aux premiers matchs. C’était une première porte d’entrée, ça m’a un peu soulagé de me dire que je pouvais refaire du sport, même si je ne prenais pas encore beaucoup de plaisir, j’avais pas mal de douleurs. »
Comment as-tu découvert le handbike ?
« C’est un ami de la famille qui était paraplégique, l’un des premiers à en faire en France, dans le club Handisport Rouennais, qui m’a mis un peu dedans. Il m’en a amené un et m’a dit d’essayer. »
Tu te souviens de tes premières sensations en handbike ?
« La première sensation, c’était la chute au bout du deuxième virage ! Ça commençait un peu bizarrement. Mais après, les premières sensations, c’était vraiment de pouvoir me libérer physiquement. Je suis touché aux jambes, donc c’était la liberté de me déplacer, de pouvoir me dépenser à 100 % avec le haut du corps. Je retrouvais un peu ce que j’avais avant l’accident. »
Tu as changé de position sur le vélo en 2017, passant de couché à genoux. Pourquoi ?
« Ce n’est pas un choix personnel : la classification internationale, suivant mon handicap, ne me permet pas de courir en position couchée, je suis classifiable en catégorie à genoux ou sur des vélos solo. J’avais déjà bien progressé en position couchée, donc il a fallu changer de vélo et me réhabituer à la position, ce qui a pris un peu de temps. Mais les premières courses sont bien passées tout de suite. »
Qu’est-ce qui a été le déclic pour viser le haut niveau et les Jeux ?
« Vers 2014-2015, je commençais à rentrer dans le top 10 français, et je voyais des concurrents se préparer pour les Jeux de Rio. Je me suis dit « pourquoi pas Tokyo ». Ce qui a vraiment fait le déclic, c’est quand j’ai eu le soutien d’une caisse d’épargne qui m’a permis d’arrêter de travailler, en 2019. Avant, je travaillais à mi-temps, et c’était compliqué de jongler entre le travail, les courses et l’entraînement. Dès le début de 2020, même avec le Covid, j’ai vraiment progressé d’un coup, et ça m’a ouvert les portes pour aller aux Jeux de Tokyo. »
Que retiens-tu de tes trois médailles d’argent à Tokyo ?
« C’était trois médailles avec des sentiments très différents. La première, en contre-la-montre, j’étais un peu déçu, je n’étais pas à 100 % physiquement. Sur la course en ligne, j’étais très confiant, mais je me suis fait reprendre à 50 mètres de l’arrivée, c’était une grosse déception. Ce qui m’a remotivé, c’est qu’il nous restait le relais : on s’est bien battus, on a tout remonté pour finir deuxièmes à 30 secondes de la victoire. D’avoir pu partager cette médaille à trois, c’était un très bon moment. »
Comment as-tu vécu les Jeux de Paris, à domicile ?
« C’est le partage avec la famille, les amis, le public français, le fait d’être encouragé. À Tokyo, avec le Covid, il n’y avait pas de public. Là, on passe d’une paralympiade sans personne à une paralympiade où il y a tout le monde derrière nous. Passer au Club France, faire les célébrations, partager ça avec ma famille qui a pu venir sur les courses, ce sont mes plus beaux souvenirs sportifs, je ne les retrouverai jamais à un autre moment. »
Comment continues-tu à progresser après toutes ces années de haut niveau ?
« On s’adapte, avec mon entraîneur, ça fait onze ans qu’on est ensemble, il me connaît bien. On essaie toujours de trouver de nouveaux entraînements, cette année par exemple je travaille en hypoxie et sur la chaleur, en vue de Los Angeles. Je fais aussi d’autres sports, du crossfit, pour me dépasser sur autre chose, stresser le corps différemment. C’est important de diversifier pour continuer à progresser physiquement et mentalement. »
Los Angeles 2028 sera ton dernier objectif. Pourquoi cette décision ?
« Mon dernier objectif, c’est Los Angeles. Je pense qu’en 2028 j’arrêterai le handbike au niveau. Je me suis fixé cette échéance parce que j’aurai 50 ans, donc je pense que ce sera le moment d’arrêter, de profiter un peu plus de ma famille et de prendre soin de mon corps, parce qu’au haut niveau, il commence à y avoir de petits grincements partout. »
À SAVOIR
Loïc Vergnaud a démarré balle aux pieds dans un sport qu’il affectionne particulièrement, le foot. Du sport, encore et tout le temps, c’est ce qu’il aime faire avec ses amis pendant son temps libre. En parallèle, il fait ses études puis entre dans le monde du travail en allant travailler aux eaux de Saint-Alban-les-Eaux. C’est à 26 ans que sa vie va basculer après un accident malheureux sur son lieu de travail qui lui sectionne une partie de la jambe droite. Le choc est brutal et ses habitudes changent d’un coup. Soutenu par sa famille et ses amis, Loïc Vergnaud va trouver refuge dans le sport. Il découvre le handbike par l’intermédiaire d’un ami paraplégique du club Handisport Rouennais. Après plusieurs années de progression, il change de position sur le vélo en 2017, passant de couché à genoux pour des raisons de classification. Sélectionné pour les Jeux Paralympiques de Tokyo puis de Paris, il y décroche cinq médailles d’argent au total, ainsi que plusieurs titres de champion du monde. Doyen de l’équipe de France de handbike, il continue de diversifier ses méthodes d’entraînement pour repousser ses limites.
PARTENAIRES
Caisse d’Epargne Loire Drome Ardèche (BPCE) / Région Auvergne-Rhône-Alpes (Team AURA) / Département de la Loire / Roanne Bike / Speed Informatique / Equipe de France Douane / Rotary Club de Roanne.






