
Né(e) le : 13 août 1992 à
Handicap : Paraplégie
CAT : MH3
Résidence : Bourgogne Franche-Comté
Club : ASF MULHOUSE
Entraîneur : Patrick Moyses
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’argent – contre-la-montre
2023 – Championnats d’Europe sur route
- Rotterdam : Médaille d’argent – contre-la-montre / Médaille d’or – Relais mixte
2023 – Championnats du Monde
- Glasgow : Médaille d’or – Relais mixte / Médaille d’argent – Course en ligne MH3
2023 – Coupe du Monde
- Ostende (BEL) : Médaille de bronze course en ligne
- Maniago (ITA) : Médaille d’or contre-la-montre / Médaille de bronze course en ligne
2022 – Vainqueur du European handbike circuit
INTERVIEW
Questions / Réponses : 09/06/2023
Peux-tu revenir sur la période avant ton accident et comment tu as découvert le paracyclisme ?
« Je n’étais pas du tout sportif avant. J’ai fait du handbike, c’était plus pour me maintenir en forme après mon accident, pour pouvoir être autonome dans la vie de tous les jours. Au fur et à mesure des années, j’ai évolué, j’ai pris goût à la compétition, et j’ai fait en sorte pour aller de plus en plus loin. »
Tu te souviens de ta première fois en handbike ?
« Pour la première fois que j’ai utilisé le handbike, c’était au centre de rééducation à Héricourt où j’habitais avant. J’ai tout de suite eu la sensation de liberté, de pouvoir rebouger plus qu’en fauteuil de ville. Après, je ne sais pas, ça s’est fait naturellement. »
Peux-tu expliquer la spécificité de la discipline, le fait de pédaler avec les bras en position allongée ?
« On est allongé parce qu’on n’a pas d’abdominaux, et on pédale en synchronisé, c’est-à-dire qu’on pousse et on tire. »
Comment as-tu vécu ta première sélection en équipe de France ?
« Première fois en équipe de France, c’était en 2021, au championnat d’Europe en Autriche. Donc c’est déjà une grande fierté de porter les couleurs. Je n’ai pas performé, je n’étais pas encore au top niveau à ce moment-là, mais c’est une première découverte déjà. »
Qu’est-ce qui a changé à partir de 2023 ?
« À partir de 2023, tout est rentré dans les cases. Début 2023, première course en Coupe du Monde, premier chrono gagné, je me suis dit « là, tu peux rivaliser avec les meilleurs ». Donc à partir de là, je me suis donné les moyens pour aller le plus haut possible. »
Comment as-tu vécu les Jeux de Paris, à domicile ?
« C’était compliqué, très compliqué mentalement pour se préparer. Je ne savais pas du tout si j’étais au niveau, je n’avais pas vu mes adversaires depuis mai, donc je ne savais pas la forme que j’avais. Dès la première course, quand j’ai fait argent, je me suis dit « là tu n’es pas trop mal », donc ça m’a mis en confiance pour la course en ligne le jour d’après. »
Contre-la-montre et course en ligne : comment abordes-tu ces deux épreuves ?
« À la base, je suis meilleur en contre-la-montre, je suis plus dans un effort solitaire qu’en course en ligne, je suis moins stressé, je n’aime pas subir le rythme des autres. Aux Jeux, on était peut-être onze ou douze, donc il y avait beaucoup moins de stress qu’en Coupe du Monde où on est cinquante au départ. Je l’ai pris comme une course basique, sans pression. »
Comment te prépares-tu pour une grosse compétition comme les Jeux ou un championnat du monde ?
« Beaucoup d’entraînement, entre 15 et 20 heures par semaine. Pour les Jeux, je me suis préparé à faire des plus grandes sorties, beaucoup de dénivelé, et j’ai suivi mon rythme habituel. »
Tu es aussi triple champion du monde par équipe en relais. Comment vit-on la pression d’un exercice collectif quand on court individuellement le reste du temps ?
« C’est sûr que c’est une pression : si on fait la moindre erreur, ou si on tombe, c’est toute l’équipe qu’on pénalise. On est une grosse équipe, mais on ne peut pas se permettre de faire d’erreur. »
Comment travailles-tu le matériel, avec les mécaniciens de l’équipe ?
« Je me suis fait faire un vélo sur mesure, moulé au niveau du haut du corps, fait exprès pour moi, et ça me permet d’être bien mieux dans mon vélo, de ne pas avoir toujours des réglages à faire comme sur les vélos basiques : le haut du dos ne bouge plus. Personnellement, je travaille plus de mon côté qu’avec les mécaniciens ; en stage, je pose des questions quand j’en ai besoin, mais généralement j’essaie de gérer tout seul. »
