
Né(e) le : 12 octobre 2000 à Pontivy (56)
Profession : Agent de contrat, Armée des Champions
Handicap : Membre inférieur
CAT : MC2
Résidence : Bretagne
Club : VCP Loudéac
Entraîneur : Mathieu Jeanne
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or – 3km poursuite C2 / Médaille d’or – Contre-la-montre / Médaille de bronze – CLM 1000m C1-C3 / Médaille de bronze – course en ligne C1-3
2024 – Championnats du Monde Piste
- Rio de Janeiro : Médaille d’or – 3km poursuite C2 / Médaille d’or – Km C2 / Médaille d’or – Scratch C2 / Médaille d’or – Omnium C2 / Médaille d’argent – 500m CLM C5 / Médaille d’argent – Omnium C4
2023 – Championnats d’Europe sur route
- Rotterdam : Médaille d’or – contre-la-montre / Médaille d’or – course en ligne
2023 – Championnats du Monde
- Glasgow : Médaille d’or – Poursuite / Médaille d’or – Omnium / Médaille d’or – Kilomètre / Médaille d’or – Contre-la-montre / Médaille d’or – Course en ligne MC2 / Médaille de bronze – Scratch MC2
2022 – Championnats du Monde
- Saint-Quentin-en-Yvelines (France) : Médaille d’or – poursuite C2 / Médaille d’or – Kilomètre C2 / Médaille d’or – Omnium C2 / Médaille d’or – Scratch C2 / Médaille d’argent – Vitesse par équipe
- Baie Comeau Route (Canada) : Médaille d’argent – Contre-la-montre / Médaille d’or – Course en ligne C2
2022 – Championnats d’Europe sur route
- Autriche : Médaille d’or – Contre-la-montre C2 et Course en ligne C2
2021 – Jeux Paralympiques
- Tokyo : Médaille d’or – Course sur piste 3000m Poursuite C2 / Médaille d’argent – Course sur piste contre la montre C1-3 /Médaille de bronze – Course sur route – Contre la montre C2 / Médaille de bronze – Course sur route en ligne C1-3
2021 – Championnat du Monde sur route
- Cascais : Médaille d’or – Course en ligne C2 / Médaille d’or – Contre-la-montre C2
2020 – Championnat du Monde sur piste
- Milton : Médaille d’or – 1km contre la montre C2 / Médaille d’or – Omnium C2 / Médaille d’argent – Poursuite C2 / Médaille de bronze – Course scratch
2019 – Championnat du Monde sur route
- Emmen : Médaille d’or – Course en ligne C2 / 4ème place – Contre la montre C2
INTERVIEW
Peux-tu nous en dire plus sur ton handicap ?
« J’ai eu un AVC néonatal, ce qui m’a laissé des déficiences au niveau du bras et de la jambe droite : pas de sensibilité et pas de force, environ 95% de perte de puissance de ce côté. C’est de naissance, donc j’ai appris à vivre avec, et aujourd’hui c’est presque devenu une force. »
Comment es-tu passé d’un vélo pratiqué en loisir à une carrière de haut niveau ?
« Au départ, je pensais que ça resterait un loisir toute ma vie, un sport pour être avec les copains après les cours. Puis j’ai découvert le paracyclisme en 2017 sur des Coupes de France, j’ai vu que mon niveau n’était pas mal du tout. J’ai intégré le Pôle Espoir à Rennes, puis l’équipe de France, et c’est là que c’est devenu sérieux. »
Comment arrives-tu à assimiler une progression aussi rapide, avec des titres accumulés dès le début de ta carrière ?
« Ça a été dur de le concevoir quand même, parce qu’au début on m’a toujours dit qu’être champion du monde c’était quand même le graal, et je le pense toujours. Le fait d’avoir autant de titres, je pense que je ne me rends pas trop compte de la performance. Tokyo m’a servi d’expérience : je voulais toujours faire plus, et je pense que je n’ai pas assez profité du moment. À Paris, j’ai essayé de vivre les choses différemment. Le vélodrome rempli, le Club France, la famille présente… c’était extraordinaire, quelque chose qui n’arrive pas tous les jours dans une carrière paralympique. »
Comment as-tu géré la pression d’arriver à Paris avec l’étiquette de favori ?
« C’était compliqué, j’avais du stress mais je ne voulais pas le montrer. J’essayais de passer par l’humour, de rester détaché avant la compétition. Il y avait quand même toujours cette pression de bien faire à la maison, devant sa famille. »
Alors que tu as déjà tout gagné, comment trouves-tu la motivation d’aller chercher de nouveaux titres chaque année ?
« Le côté « valide » m’aide énormément. Je cours toute l’année en N1 dans un club breton, à Loudéac. Rouler chaque week-end avec des coureurs bien plus forts que moi me fait progresser et me motive à fond pour la saison. Parce que c’est vrai que sur le circuit international, on n’a pas beaucoup de compétition. S’il n’y avait que ça, je ne suis pas sûr que j’aurais été aussi motivé ou aussi performant. »
Tu parles ouvertement de préparation mentale : c’est important pour toi ?
« Oui, un athlète c’est 80% dans la tête. Si ça ne va pas là-haut, ça ne va pas sur les performances. Je travaille avec un préparateur mental, un psychologue, une diététicienne aussi. C’est un sujet qui se démocratise de plus en plus et je trouve ça essentiel. »
Comment as-tu vu l’évolution du du paracyclisme et plus globalement du handisport ?
« Ça s’est énormément professionnalisé : le matériel, les souffleries, le budget, le staff autour de l’équipe… Le cyclisme, aujourd’hui, ça ressemble presque à de la F1, tout se joue sur des détails. Et il y a une vraie relève qui arrive, ça me fait plaisir de voir progresser les jeunes. »
Tu fais plusieurs conférences, tu vas à la rencontre des gens : qu’est-ce qui t’attire dans le fait de transmettre ?
« Quand j’ai commencé, je n’ai pas eu la chance d’avoir des mentors qui m’aidaient et qui me mettaient sur la voie. Je pense que c’est intéressant de pouvoir aller sonder les entreprises, parler de ce qu’on fait, du handicap et de la performance qu’il y a maintenant dans le handisport. C’est quelque chose auquel je suis attaché, même aller au JAP, le Jeune à Potentiel tous les ans à Bourges, c’est quelque chose qui m’anime, voir des petites pépites qui progressent tous les ans et qui seront peut-être des superstars de demain. Je suis hyper attaché à voir les jeunes comme ça travailler et à les motiver, et on verra bien ce que ça donne plus tard. »
Quel est ton objectif pour les Jeux de Los Angeles ?
« J’aimerais bien garder mon titre sur le contre-la-montre, c’est le truc que je travaille le plus. Il y aura deux nouvelles épreuves, il va falloir les travailler aussi. Et puis, ça va être une découverte pour nous. La course en ligne aussi, j’y ai beaucoup progressé. Il y a moyen de faire un super résultat, donc on verra bien, je profiterai des Jeux de Los Angeles en tout cas. »
À SAVOIR
Victime d’un AVC néonatal, Alexandre Léauté est atteint d’une hémiplégie droite entraînant une perte quasi totale de force et de sensibilité de ce côté du corps. Découvert en 2018, le paracyclisme le mène très vite en équipe de France : champion du monde dès 2019, il devient l’un des athlètes les plus titrés de la discipline avec trois médailles d’or paralympiques et 25 titres de champion du monde, en catégorie C2. Basé à Loudéac, il s’entraîne aussi toute l’année avec des cyclistes valides en N1, une pratique qu’il considère comme un moteur essentiel de sa progression. Après avoir marqué les Jeux de Tokyo, il confirme à Paris 2024, où il conserve notamment son titre sur le contre-la-montre. Attaché à la transmission, il se rend chaque année aux Jeunes à Potentiel de Bourges et intervient régulièrement en entreprise pour parler de handicap et de performance.
PARTENAIRES
FUJI BIKES / Armée des champions





