
Né(e) le : 30 novembre 2004 à Laval
Profession : Etudiante en BUT GEA (Gestion Entreprise Administration)
Handicap : Agénésie du bras
CAT : C5
Résidence : Nouvelle-Aquitaine
Club : Urt vélo 64
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’argent – Poursuite 3000m / Médaille d’argent – Contre-la-montre / Médaille d’argent – Course-en-ligne
2024 – Championnats du Monde Piste
- Rio de Janeiro : Médaille d’or – 3 km poursuite C5
2023 – Championnats d’Europe sur route
- Rotterdam : Médaille d’or – contre-la-montre / Médaille d’or – course en ligne
2023 – Championnats du monde
- Glasgow : Médaille d’or – Poursuite WC5 / Médaille d’argent – Course en ligne WC5 / Médaille de bronze – Contre-la-montre WC5
2022 – Championnats du Monde sur piste
- Saint-Quentin en Yvelines (France) : Médaille d’argent en poursuite individuelle / Médaille de bronze en omnium
2021 – Championnats du Monde sur route
- Cascais (Portugal) : 4ème au contre-la-montre et 6e en course en ligne
Championnats de France
- 2023 : Championne de France de poursuite et omnium
- 2022 : championne de France en contre-la-montre et Vice championne de France en course en ligne / Vice championne de France de poursuite et omnium
- 2021 : Championne de France en contre-la-montre et course en ligne / Championne de France de scratch et omnium
- 2020 : Championne de France en contre-la-montre et course en ligne
INTERVIEW
Questions / Réponses : Octobre 2022
Peux-tu te présenter ?
« J’ai 21 ans, je suis cycliste et paracycliste, médaillée aux Jeux de Paris sur la poursuite individuelle, le contre-la-montre et la course en ligne. »
Ton père était président d’un club de cyclisme. Quels souvenirs gardes-tu de tes débuts sur un vélo ?
« Il est président du club depuis ma naissance, et ça a toujours été un petit peu son rêve de mettre ses filles au vélo. C’est lui qui nous a initiées, avec mes sœurs, à sa pratique. Je n’en garde que des bons souvenirs de l’école de vélo avec nos amis. »
Comment s’est fait le déclic entre le loisir et l’envie de faire du haut niveau ?
« Ça s’est fait vraiment crescendo. Au début, ça n’a jamais été vraiment que du loisir, on a tout de suite fait des compétitions, et après j’ai intégré les pôles. Petit à petit, ça s’est professionnalisé, avec les études aussi, j’intégrais tout le temps des pôles en lien avec l’école et le vélo. Petit à petit je me suis dit que ça pourrait vraiment être super de faire du vélo mon métier, et d’être plus tard professionnelle si c’était possible. »
Tu es née avec une agénésie du bras gauche. Comment as-tu vécu ton handicap et adapté ta pratique du cyclisme ?
« Je l’ai très bien vécu puisque je suis née comme ça, donc je n’ai pas eu de gros choc ou d’accident. Ça a toujours été très naturel pour moi de faire du vélo malgré mon handicap. On a toujours su, avec mon papa, trouver des adaptations, des moyens de se débrouiller. Au début c’était vraiment du bricolage, on essayait de bloquer ma prothèse avec du scotch. Mais ce ne sont que des bons souvenirs maintenant. »
Que représentait ta première sélection en équipe de France ?
« C’était en 2021, j’étais plutôt jeune, je n’étais même pas encore junior. Au début j’avais peur parce que je me retrouvais à passer du championnat de France à l’équipe de France, il y avait vraiment un cap qui se créait. Porter le premier maillot national, je me souviens encore, dans ma chambre, l’essayer, me dire « waouh, j’ai un maillot national, c’est trop beau ». Quand on est petit et qu’on rêve d’un jour intégrer l’équipe de France, et d’y être pour de vrai, c’est vraiment un chemin incroyable. »
Tu mènes une double carrière, chez les valides et en paracyclisme. Pourquoi ce choix ?
« En fait, ça n’a jamais été vraiment un choix puisque j’ai toujours fait ça dès le début. J’ai commencé le vélo avec les valides et j’ai intégré petit à petit le handisport à ma pratique. Faire les deux, pour moi, c’est juste naturel, je ne me vois pas l’un sans l’autre. Le handisport m’apporte plein de choses liées à mon handicap, mais chez les valides aussi il y a une concurrence que j’aime, avec un grand groupe de filles. Aujourd’hui, je ne me verrais faire ni l’une ni l’autre : elles sont complémentaires. »
En quoi ces deux pratiques sont-elles complémentaires ?
« Chez les valides, il y a vraiment cet aspect équipe, on roule avec une team, on a des stratégies de course. En para, c’est différent, on est moins nombreuses, donc c’est plus du solo, on joue un peu carte personnelle. Il y a moins de kilomètres chez les paras, donc ce sont des courses plus offensives, tandis que chez les valides c’est souvent plus long, avec souvent un peu plus de dénivelé. »
Pourquoi ce choix de te recentrer sur les valides depuis 2025, alors que Los Angeles arrive ?
« En 2025, j’ai fait le choix de faire que du valide parce que c’était l’année d’après-jeux, et je voulais aussi essayer de tenter ma chance chez les valides, me donner cette occasion de performer sur différentes compétitions. En 2026, je compte revenir aussi en para, puisque j’aime vraiment les deux, et pour 2028 bien sûr j’aimerais aussi faire du para, donc je dois reprendre dès maintenant un peu les bases. »
Est-ce que l’idée de faire les Jeux Olympiques, en plus des Jeux Paralympiques, t’a déjà traversé l’esprit ?
« C’est vrai que j’en parlais beaucoup avant, c’était plus un objectif sur piste, sur route c’est vraiment très difficile à atteindre. Pourquoi pas ? Peut-être pas pour Los Angeles, mais peut-être plus tard. »
Quel regard portes-tu sur l’évolution du cyclisme féminin ?
« Je trouve qu’on a amené une nouvelle approche, on avait tendance à beaucoup critiquer le cyclisme féminin. Et là, on commence à se rendre compte que pour de vrai, ça reste du vrai sport, autant que les hommes. Le Tour de France féminin prend vraiment beaucoup d’ampleur, et j’ai hâte que ça continue. »
À SAVOIR
Née avec une agénésie du bras gauche, Heidi Gaugain découvre le vélo dès l’enfance dans le club présidé par son père. Elle mène de front une double carrière chez les valides et en paracyclisme, une pratique qu’elle considère comme naturelle et complémentaire depuis toujours. Sélectionnée très jeune en équipe de France, elle décroche trois médailles d’argent aux Jeux Paralympiques de Paris 2024, en poursuite individuelle, contre-la-montre et course en ligne. Également membre de la Team Brest Ladies en National 1, elle poursuit en parallèle l’ambition de passer professionnelle chez les valides, avec le rêve de participer un jour au Tour de France.
PARTENAIRES
EDF / Lourmel / Maisons du Monde / CGI / Lions Clubs de Toulouse / Crédit Mutuel / MBPACK / CETEC
