
Né(e) le : 25 juillet 1987 à Chambray-lès-Tours (37)
Profession : Ingénieur informatique
Handicap : Non-voyant
CAT : B1
Résidence : Ile-de-France
Club : Bondy Cecifoot Club
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or
2019 – Championnat d’Europe
- Rome : Médaille d’argent
2018 – Championnat du Monde
- Madrid : 15ème place
2017 – Championnat d’Europe
- Berlin : 4ème place
2014 – Championnat du Monde
- Tokyo : 9ème place
2013 – Championnat d’Europe
- Loano : Médaille d’argent
2012 – Jeux Paralympiques
- Londres : Médaille d’argent
2011 – Championnat d’Europe
- Aksaray : Médaille d’or
2011 – Jeux Mondiaux IBSA
- Antalya : Médaille d’argent
2010 – Championnat du Monde
- Hereford : 5ème place
2009 – Championnat d’Europe
- Nantes : Médaille d’or
2007 – Championnat d’Europe
- Malaga : Médaille de bronze
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
J’ai découvert le cécifoot au lycée. Au départ, je suis simplement allé assister à un entraînement. À la fin de la séance, j’ai pu toucher le ballon et jouer quelques minutes. Comme j’avais toujours joué au football avec mes amis en utilisant un ballon qui faisait du bruit, je me suis tout de suite senti à l’aise.
Tout est allé très vite jusqu’à l’équipe de France. Comment as-tu vécu cette progression ?
Oui, tout est allé très vite. Mais au début, le football restait surtout un jeu pour moi. C’est en découvrant les compétitions et les exigences du haut niveau que j’ai compris tout le travail nécessaire pour évoluer en équipe de France.
Tu fais partie des joueurs qui ont accompagné le développement du cécifoot français. Qu’est-ce qui a le plus changé selon toi ?
Le niveau mondial s’est énormément homogénéisé. En équipe de France aussi, chaque joueur est aujourd’hui capable d’apporter quelque chose au collectif. Cette montée en niveau de l’ensemble du groupe est, selon moi, la plus grande évolution de ces vingt dernières années.
Quel souvenir gardes-tu de tes premiers Jeux Paralympiques à Londres en 2012 ?
Sur le moment, j’étais surtout frustré de repartir avec l’argent. Avec le recul, je mesure à quel point cette médaille était déjà un immense résultat. Nous étions jeunes, insouciants, et nous pensions presque naturellement que nous reviendrions régulièrement en finale.
Après des années plus compliquées, qu’est-ce qui t’a donné envie de continuer ?
Je n’ai jamais eu envie d’arrêter. Même lorsque les résultats étaient moins bons, le cécifoot restait avant tout une passion. Nous avons continué à travailler, à nous entraîner et à prendre du plaisir en sachant que cela finirait par payer.
Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’évolution du cécifoot ?
Je trouve que le regard sur notre discipline a évolué. Les gens parlent davantage du sport, des émotions et des performances avant de parler du handicap. C’est une évolution importante, même s’il reste encore beaucoup à construire pour développer le cécifoot.
Tu es également à l’origine d’un projet de karting pour les personnes déficientes visuelles. Comment est née cette idée ?
Je suis passionné de sports mécaniques et j’avais envie de rendre cette pratique accessible aux personnes déficientes visuelles. Avec notre association AccessiMecaSport, nous avons développé un système permettant de piloter un kart en autonomie grâce à des informations sonores. C’est un projet qui me tient énormément à cœur.
Comment est-il possible de piloter un kart sans voir ?
Le pilote reçoit en permanence des informations sonores dans son casque qui lui permettent de se repérer sur la piste, de savoir où commencent et où se terminent les virages. Cela demande beaucoup d’entraînement, mais avec de la persévérance, c’est tout à fait possible.
Qu’est-ce qui continue de te motiver aujourd’hui ?
Je ne me fixe pas de rêve particulier. J’aborde chaque compétition avec l’envie de donner le meilleur de moi-même et d’aider l’équipe à obtenir les meilleurs résultats possibles. Tant que le plaisir est là, la motivation reste intacte.
Si tu pouvais donner un conseil au jeune Martin qui découvrait le cécifoot, lequel serait-il ?
Je lui dirais simplement de continuer à prendre autant de plaisir. C’est ce plaisir qui m’a permis de progresser, de travailler sans jamais avoir l’impression de faire des sacrifices et de vivre toutes ces aventures.
À SAVOIR
Non-voyant de naissance, Martin Baron découvre le cécifoot au début des années 2000. Très rapidement, il rejoint l’équipe de France, dont il devient l’un des cadres pendant plus de vingt ans. Double champion d’Europe, vice-champion paralympique à Londres en 2012 puis champion paralympique à Paris 2024, il est également ingénieur en informatique et cofondateur de l’association AccessiMecaSport, qui développe la pratique du karting pour les personnes déficientes visuelles.
DISTINCTION
Chevalier de l’Ordre National du Mérite
