
Né(e) le : 19 mai 1999 à La Roche sur Yon
Handicap : Déficient visuel
CAT : B1
Résidence : Pays de la Loire
Club : FC Nantes Cécifoot
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
J’ai perdu la vue en 2021 et, au départ, je ne connaissais absolument pas le cécifoot. Je me suis d’abord tourné vers la course à pied et le triathlon avec des guides. Puis, après plusieurs rencontres et actions de sensibilisation, j’ai essayé le cécifoot. Dès mon premier entraînement, j’ai retrouvé des sensations que je pensais perdues à jamais.
Qu’as-tu ressenti lors de ton premier entraînement ?
Les premiers exercices étaient très déroutants. Courir les yeux bandés demandait énormément de confiance. Mais dès que j’ai touché le ballon, j’ai retrouvé le plaisir de jouer au football. C’est ce moment-là qui m’a donné envie de continuer.
Comment fais-tu pour te repérer sur le terrain sans la vue ?
On apprend à utiliser tous nos autres sens. L’ouïe est essentielle, mais aussi le toucher et ce qu’on appelle la perception des masses. Petit à petit, on arrive à reconstruire mentalement le terrain et à savoir où se trouvent les partenaires, les adversaires ou les barrières.
Ton évolution a été très rapide. Comment l’expliques-tu ?
J’ai toujours été passionné de sport. Dès que j’ai découvert le cécifoot, je me suis investi à fond. J’ai énormément travaillé avec mon club, le FC Nantes, puis j’ai intégré l’équipe de France Espoir avant d’être appelé avec les Bleus. Tout est allé très vite, mais ça récompense beaucoup de travail.
Les Jeux Paralympiques de Paris 2024 ont-ils renforcé ton envie de porter le maillot bleu ?
Complètement. J’étais dans les tribunes pour encourager l’équipe de France et expliquer le cécifoot au public. Voir les Bleus devenir champions paralympiques m’a donné encore plus envie de vivre ces émotions sur le terrain un jour.
Quel regard portes-tu sur le développement du cécifoot depuis Paris 2024 ?
Les Jeux ont tout changé. Avant, il fallait expliquer ce qu’était le cécifoot. Aujourd’hui, beaucoup de personnes connaissent déjà la discipline et ont envie de l’essayer. C’est un vrai coup d’accélérateur pour notre sport.
Qu’est-ce que le cécifoot t’a apporté au-delà du sport ?
Il m’a permis de retrouver de l’autonomie et de la confiance. J’ai appris à mieux utiliser mes autres sens et tout ce que je développe sur le terrain me sert aussi dans ma vie quotidienne. Le cécifoot m’a vraiment aidé à me reconstruire après ma perte de vue.
Quelle est la qualité la plus importante pour réussir en cécifoot ?
La persévérance. Les débuts sont très difficiles, on tombe, on se cogne, on manque de repères. Mais si on s’accroche, on progresse énormément et on découvre un sport incroyable.
Tu pratiques aussi d’autres disciplines. Pourquoi ?
J’aime toucher à beaucoup de sports. J’ai notamment terminé un Ironman avec un guide, et je pratique aussi la course à pied ou l’Hyrox. Tout cela m’aide à progresser physiquement et mentalement, mais aussi à renforcer la confiance avec mes guides, ce qui est très utile en cécifoot.
Quel est ton plus grand rêve sportif ?
Remporter un grand titre avec l’équipe de France. Après avoir découvert le cécifoot il y a seulement quelques années et porté le maillot bleu, mon objectif est désormais de vivre une grande compétition internationale et, pourquoi pas, devenir champion paralympique.
À SAVOIR
Passionné de sport depuis toujours, Maxime Sellier voit sa vie basculer en 2021 lorsqu’il perd brutalement une grande partie de sa vision. Ancien footballeur, il refuse pourtant de renoncer à sa passion et se reconstruit grâce au sport. Après la course à pied, le triathlon et même un Ironman terminé seulement deux ans après sa déficience visuelle, il découvre le cécifoot. En quelques saisons seulement, il intègre le FC Nantes, l’équipe de France Espoir puis les Bleus, incarnant aujourd’hui l’une des figures de la nouvelle génération du cécifoot français.
