
Né(e) le : 12 novembre 1982 à Rufisque (Sénégal)
Handicap : Non-voyant
CAT : B1
Résidence : Nouvelle-Aquitaine
Club : Sport Athlétique Mérignacais
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or
2022 – Championnat d’Europe
- Pescara : Médaille d’or
2018 – Championnat du Monde
- Madrid : 15ème place
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
Je suis arrivé en France en 2005 pour poursuivre mes études et, seulement quelques jours après mon arrivée, je suis tombé par hasard sur un reportage consacré au cécifoot à la télévision. Passionné de football depuis toujours, je me suis immédiatement dit que c’était le sport qu’il me fallait.
Tu jouais déjà au football au Sénégal. Qu’est-ce qui a changé avec le cécifoot ?
Au Sénégal, je jouais déjà avec un ballon sonore, mais sans les règles du cécifoot. Quand j’ai découvert la discipline en France, j’ai compris qu’il existait un vrai sport structuré. Ça m’a donné envie de progresser et d’aller le plus loin possible.
Tes débuts en France n’ont pas été simples. Comment as-tu réussi à t’accrocher ?
Au début, tout était nouveau : le froid, le bandeau, le niveau de jeu, les études en parallèle… J’ai même pensé arrêter. Mais grâce aux encouragements de mes entraîneurs et de mes coéquipiers, j’ai persévéré. Aujourd’hui, je suis heureux de ne jamais avoir abandonné.
Quelles sont les qualités indispensables pour être un bon joueur de cécifoot ?
Il faut être solide techniquement et physiquement, mais surtout savoir écouter et communiquer. En cécifoot, tout repose sur les échanges entre les joueurs. Sans communication, il est impossible de jouer collectivement.
Comment fonctionne la communication sur le terrain ?
On parle en permanence. On se signale, on annonce nos déplacements et on donne des informations à nos partenaires. Comme nous ne voyons pas, la communication est aussi importante que la technique.
Tu es très investi dans le développement du cécifoot. Pourquoi est-ce important pour toi ?
J’ai envie que de plus en plus de personnes découvrent notre discipline. J’interviens dans les écoles, les entreprises et lors d’actions de sensibilisation pour montrer ce qu’est réellement le cécifoot. Nous avons besoin de joueurs, de bénévoles, d’arbitres et de personnes qui ont envie de faire grandir notre sport.
Tu participes aussi au développement du cécifoot au Sénégal. Quel est ton objectif ?
J’aimerais que le Sénégal puisse s’installer durablement parmi les meilleures nations africaines. J’accompagne les jeunes joueurs, je partage mon expérience et j’espère voir cette équipe continuer à progresser dans les années à venir.
Quelle valeur t’accompagne au quotidien ?
La résilience. J’ai perdu la vue très jeune, grandi dans des conditions difficiles, connu beaucoup d’obstacles, mais je me suis toujours relevé. C’est cette force qui m’a permis d’avancer dans la vie comme dans le sport.
Qui t’inspire le plus dans ton parcours ?
Mes parents. Ils n’ont jamais eu beaucoup de moyens, mais ils ont toujours tout fait pour que nous ne manquions de rien. Leur courage et leur détermination sont une source d’inspiration permanente pour moi.
Quels sont tes objectifs pour la suite de ta carrière ?
Je veux continuer à aider l’équipe de France et décrocher une qualification pour les Jeux de Los Angeles. Ce serait une immense fierté de terminer ma carrière en disputant une nouvelle fois les Jeux Paralympiques.
À SAVOIR
Originaire du Sénégal, Khalifa Youme perd progressivement la vue à l’âge de 4 ans à la suite d’une rougeole mal soignée. Arrivé en France en 2005 pour poursuivre ses études, il découvre le cécifoot quelques jours après son arrivée et retrouve immédiatement sa passion du football. International français depuis près de vingt ans, il est aujourd’hui l’un des cadres des Bleus. Très engagé dans le développement de sa discipline, il multiplie les actions de sensibilisation en France et accompagne également l’essor du cécifoot au Sénégal.
