
Né(e) le : 8 mars 1991 à Aubervilliers (93)
Profession : Adjoint RSE
Handicap : Non-voyant
CAT : B1
Résidence : Hauts-de-France
Club : Football Club Cecifoot Precy Sur Oise
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or
2022 – Championnat d’Europe
- Pescara : Médaille d’or
2019 – Championnat d’Europe
- Rome : Médaille d’argent
2018 – Championnat du Monde
- Madrid : 15ème place
2017 – Championnat d’Europe
- Berlin : 4ème place
2015 – Championnat d’Europe
- Hereford : 5ème place
2014 – Championnat du Monde
- Tokyo : 9ème place
2013 – Championnat d’Europe
- Loano : Médaille d’argent
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
J’ai découvert le cécifoot un peu par hasard, en regardant un match de football à la télévision. Pendant la mi-temps, l’équipe de France faisait une démonstration et j’ai appris que le football pour les personnes déficientes visuelles existait. Je me suis immédiatement renseigné et je me suis inscrit dans le club le plus proche de chez moi.
Comment es-tu arrivé en équipe de France ?
Tout est allé assez vite. J’ai commencé le cécifoot en 2010, disputé mes premières compétitions en 2011, remporté la Coupe de France avec Saint-Mandé en 2012, puis connu ma première sélection en équipe de France en 2013. Depuis, j’ai participé à plusieurs Championnats d’Europe avec les Bleus.
Pourquoi as-tu décidé de créer le FC Cécifoot Précy-sur-Oise ?
Après plusieurs années en club et en équipe de France, j’avais envie de transmettre ce que j’avais appris. Je voulais offrir une pratique aux jeunes déficients visuels de mon territoire et créer une véritable dynamique locale autour du cécifoot. Aujourd’hui, voir le club grandir est une immense fierté.
Comment est né le premier terrain de cécifoot permanent en France ?
Nous avons construit le projet étape par étape avec la commune, le département et de nombreux partenaires. Grâce au label Terre de Jeux, nous avons été retenus comme Centre de Préparation aux Jeux et cela a permis la construction des premiers terrains permanents de cécifoot en France à Précy-sur-Oise.
Quelles sont les qualités indispensables pour jouer au cécifoot ?
Le cécifoot demande beaucoup de technique, mais aussi énormément d’écoute, de communication et de prise d’informations. Il faut être capable de gérer plusieurs sources sonores en même temps tout en restant concentré sur le ballon et sur ses partenaires.
Comment accompagnes-tu les jeunes qui découvrent la discipline ?
J’essaie avant tout d’être patient. Il ne faut pas brûler les étapes. L’objectif est qu’ils prennent confiance progressivement, qu’ils maîtrisent les bases et qu’ils prennent du plaisir. Le reste vient avec le temps.
Comment décrirais-tu les valeurs du cécifoot ?
Je parlerais de solidarité, d’exigence, de sérénité et de partage. C’est un sport où personne ne peut réussir seul et où la confiance entre les joueurs est essentielle.
Comment as-tu vu évoluer le cécifoot depuis tes débuts ?
Aujourd’hui, les joueurs sont mieux préparés, les entraîneurs sont davantage formés et les staffs sont plus structurés. On voit aussi davantage de public sur certaines compétitions. Il reste encore beaucoup à faire, mais la discipline continue de progresser.
Quel est ton geste signature sur le terrain ?
J’aime beaucoup partir en conduite de balle, attirer mon adversaire puis réaliser ce que j’appelle la « technique brésilienne » : un crochet au dernier moment pour éliminer le défenseur avant d’aller frapper au but. C’est probablement le geste qui me ressemble le plus.
Qui t’a inspiré dans ton parcours ?
En grandissant, j’admirais énormément Zinédine Zidane. Puis, en arrivant dans le cécifoot, Frédéric Villeroux est devenu une véritable source d’inspiration. Son expérience et tout ce qu’il a apporté à la discipline m’ont énormément aidé.
Quel est aujourd’hui ton plus grand objectif pour le cécifoot ?
Mon rêve, c’est que notre sport soit connu et reconnu partout en France. J’aimerais que les médias, les supporters et les jeunes viennent naturellement découvrir notre discipline, sans que nous ayons toujours besoin d’aller la faire connaître. Pour moi, le cécifoot mérite pleinement sa place dans le paysage sportif français.
À SAVOIR
Passionné de football, Fabrice Morgado perd la vue à l’âge de 16 ans à la suite d’une agression. Il découvre le cécifoot en 2010 et rejoint rapidement l’équipe de France. Au-delà de sa carrière internationale, il s’engage activement dans le développement de la discipline en fondant le FC Cécifoot Précy-sur-Oise, devenu une référence nationale et premier Centre de Préparation aux Jeux dédié au cécifoot en France. Pour lui, le sport est bien plus qu’une passion : c’est un moteur de reconstruction et de transmission.
