
Né(e) le : 20 mars 1983 à Azazga (Algérie)
Handicap : Non-voyant
CAT : B1
Résidence : Ile-de-France
Club : Bondy Cécifoot Club
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or
2022 – Championnat d’Europe
- Pescara : Médaille d’or
2019 – Championnat d’Europe
- Rome : Médaille d’argent
2018 – Championnat du Monde
- Madrid : 15ème place
2017 – Championnat d’Europe
- Berlin : 4ème place
2014 – Championnat du Monde
- Tokyo : 9ème place
2013 – Championnat d’Europe
- Loano : Médaille d’argent
2012 – Jeux Paralympiques
- Londres : Médaille d’argent
2009 – Championnat d’Europe
- Nantes : Médaille d’or
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
J’ai découvert le cécifoot à l’Institut National des Jeunes Aveugles, grâce à des amis qui m’ont proposé de venir essayer. Au début, j’étais partagé entre l’espoir de retrouver le football et la frustration de ne plus réussir les gestes que je faisais avant. Avec l’entraînement, j’ai retrouvé le plaisir de jouer.
À quel moment as-tu compris que le cécifoot allait prendre une place importante dans ta vie ?
Quand j’ai commencé à retrouver les mêmes sensations que lorsque je jouais étant voyant. J’avais envie d’aller à chaque entraînement et, en plus, l’objectif de rejoindre l’équipe de France est rapidement devenu une vraie motivation.
Que représentait ta première sélection en équipe de France en 2009 ?
C’était une immense fierté. Au-delà du rêve sportif, porter le maillot de l’équipe de France était aussi une façon de remercier le pays qui m’avait sauvé la vie. C’était le début d’une aventure que je n’imaginais pas aussi longue.
Qu’est-ce qui explique selon toi la longévité de cette génération en équipe de France ?
Nous avons traversé beaucoup de choses ensemble, des réussites comme des échecs. Cette stabilité a créé une vraie famille. Nous nous connaissons parfaitement et nous avons toujours travaillé avec le même objectif : faire progresser le cécifoot français.
Comment le groupe a-t-il réussi à rebondir après l’échec des Jeux de Tokyo ?
Après Tokyo, nous nous sommes tous remis en question. Nous avons énormément travaillé, individuellement comme collectivement, avec l’envie de ne plus revivre cette déception, surtout à l’approche des Jeux de Paris. Petit à petit, nous avons senti que nous étions capables de réaliser quelque chose de grand.
Dans quel état d’esprit abordiez-vous les Jeux Paralympiques de Paris 2024 ?
Nous avions de la pression, forcément, mais surtout beaucoup de confiance. Nous étions prêts, très soudés, et nous avions réussi à transformer cette responsabilité de jouer à domicile en une énergie positive.
Quel souvenir gardes-tu de la finale contre l’Argentine ?
Je retiens surtout la force du collectif. Après leur égalisation, personne n’a douté. Nous sommes restés unis jusqu’au bout. Cette solidarité a fait la différence dans un match où chaque détail comptait.
Quel est ton plus beau souvenir de cette médaille d’or ?
Le contraste entre le silence total avant les tirs au but et l’explosion des 13 000 spectateurs lorsque nous avons remporté le titre. C’est à ce moment-là que j’ai réellement compris que nous étions champions paralympiques.
Quels sont les objectifs qui continuent de t’animer aujourd’hui ?
L’envie de continuer à faire progresser l’équipe de France, de remporter de nouveaux titres et de transmettre mon expérience aux plus jeunes. Tant que je prends du plaisir et que je peux apporter quelque chose au collectif, la motivation reste intacte.
À SAVOIR
Gravement blessé lors du Printemps noir de Kabylie en 2001, Hakim Arezki perd la vue à l’âge de 18 ans. Arrivé en France pour être soigné, il découvre quelques années plus tard le cécifoot à l’Institut National des Jeunes Aveugles, une discipline qui lui permet de retrouver sa passion du football et de se reconstruire. Sélectionné en équipe de France dès 2009, il devient l’un des cadres des Bleus, remportant plusieurs titres européens avant de décrocher le titre de champion paralympique à Paris 2024. À travers son parcours et son livre Renaître dans la nuit, il porte un message fort d’espoir, de résilience et de dépassement de soi.
DISTINCTION
Chevalier de l’ordre national du mérite
