
Né(e) le : 30 juin 1983 à Montpellier (34)
Profession : Educateur sportif
Handicap : Non-voyant
CAT : B1
Résidence : Nouvelle-Aquitaine
Club : UNADEV Bordeaux
PALMARÈS
2024 – Jeux Paralympiques
- Paris : Médaille d’or
2022 – Championnat d’Europe
- Pescara : Médaille d’or
2019 – Championnat d’Europe
- Rome : Médaille d’argent / Meilleur joueur du tournoi
2018 – Championnat du Monde
- Madrid : 15ème place
2012 – Jeux Paralympiques
- Londres : Médaille d’argent
2011 – Championnat d’Europe
- Aksaray : Médaille d’or
2011 – Jeux Mondiaux IBSA
- Antalya : Médaille d’argent
2010 – Championnat du Monde
- Hereford : 5ème place
2009 – Championnat d’Europe
- Nantes : Médaille d’or / Meilleur joueur du tournoi
2007 – Championnat d’Europe
- Athènes : Médaille de bronze
2006 – Championnat du Monde
- Buenos Aires : 5ème place
2005 – Championnat d’Europe
- Malaga : Médaille d’argent / Meilleur buteur du tournoi
2004 – Jeux Paralympiques
- Athènes : 5ème place
2003 – Championnat d’Europe
- Manchester : Médaille de bronze
INTERVIEW
Comment as-tu découvert le cécifoot ?
Au départ, j’étais surtout passionné de rugby et de sport en général. Ce sont des copains qui m’ont parlé du cécifoot à l’école. J’ai d’abord joué dans la catégorie des malvoyants avant de rejoindre progressivement celle des non-voyants, grâce notamment à Toussaint Akpweh qui m’a accompagné dans cette transition.
Qu’est-ce qui a été le plus difficile lorsque tu es passé chez les non-voyants ?
Le plus compliqué, c’était d’accepter de porter le masque. Quand on a un reste visuel, on a naturellement envie de s’en servir. Ce sont mes entraîneurs et mes coéquipiers qui m’ont donné confiance. Sans eux, je n’aurais jamais franchi cette étape.
Quel rôle Toussaint Akpweh a-t-il joué dans ton parcours ?
Il a vu avant moi que je pourrais m’épanouir chez les non-voyants. Il ne m’a jamais forcé. Il m’a laissé le temps d’accepter cette évolution tout en me préparant progressivement. Il a eu une énorme influence sur ma carrière.
Tu es aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du cécifoot. Comment vis-tu cette reconnaissance ?
Je le prends surtout comme une responsabilité. Mon objectif n’a jamais été d’être reconnu individuellement. Ce qui m’a toujours animé, c’est de montrer que les personnes en situation de handicap sont avant tout des sportifs capables de performer au plus haut niveau.
Tu insistes souvent sur la notion de collectif. Pourquoi est-elle si importante ?
Parce qu’aucune grande équipe ne gagne uniquement grâce au talent. Notre force, c’est d’avoir toujours su nous dire les choses, dans les bons comme dans les mauvais moments. On est une famille. Cette confiance est essentielle pour avancer ensemble.
Quel regard portes-tu sur l’évolution du cécifoot depuis tes débuts ?
Quand j’ai commencé, on parlait davantage du handicap que du sport. Aujourd’hui, les gens viennent voir un match de cécifoot parce qu’ils aiment le spectacle. C’est une évolution énorme, même si nous avons encore beaucoup de travail pour continuer à développer la discipline.
Tu es très engagé dans la promotion du sport pour tous. Pourquoi est-ce si important pour toi ?
Parce que le sport change des vies. Il permet de prendre confiance, de créer du lien et de montrer ses capacités. Pour moi, investir dans le sport, ce n’est pas seulement former des champions, c’est construire une société plus inclusive.
Tu es éducateur sportif en dehors des terrains. Est-ce une manière de transmettre ce que le sport t’a apporté ?
Complètement. J’aime accompagner les jeunes, partager mon expérience et donner envie de pratiquer. Si je peux aider quelqu’un à prendre confiance grâce au sport, alors j’ai déjà gagné quelque chose.
Qu’est-ce qui continue de te motiver après toutes ces années en équipe de France ?
Aujourd’hui, ce qui me motive, c’est surtout de transmettre. Bien sûr, j’ai toujours envie de gagner, mais j’ai aussi envie d’aider les plus jeunes, de partager mon expérience et de continuer à faire grandir le cécifoot.
De quoi es-tu le plus fier lorsque tu regardes ton parcours ?
Je suis fier d’avoir construit une vie équilibrée, avec ma famille, mon métier et le sport. Bien sûr, les médailles comptent énormément, mais ce dont je suis le plus fier, c’est d’avoir contribué, avec toute cette génération, à faire évoluer le regard porté sur le handicap grâce au cécifoot.
À SAVOIR
En 1998, alors que les français gagnent pour la première fois la Coupe du Monde de football à 11, Frédéric Villeroux découvre le cécifoot. Après les Jeux Paralympiques d’Athènes, où la France s’était inclinée avant les demi-finales, en finissant cinquième, il avait participé à la campagne argentée des Jeux Paralympiques de Londres, en 2012. Longtemps considéré comme le meilleur joueur de cécifoot au monde, Frédéric Villeroux est l’une des figures majeures de la discipline. International depuis plus de vingt ans, capitaine des Bleus et éducateur sportif, il a largement contribué au développement du cécifoot en France, aussi bien sur le terrain qu’en dehors. Reconnu pour sa technique, son leadership et son engagement, il défend une vision du sport où la performance est avant tout un moyen de faire évoluer le regard porté sur le handicap.
DISTINCTION
Chevalier de l’Ordre National du Mérite
