Championnat d’Europe de paranatation en Turquie

Du 7 au 12 septembre, l’équipe de France de para natation retrouvera la scène internationale à Kocaeli, en Turquie, pour les Championnats d’Europe 2026. Une échéance particulière après le report de la compétition, qui a conduit plusieurs nageurs cadres, en accord avec le staff, à privilégier une reprise de saison plus classique. Les Bleus pourront néanmoins compter sur des nageurs ambitieux et une nouvelle génération en progression. Entre podiums, prises de repères et apprentissage, l’objectif est aussi de poursuivre la construction du collectif vers les Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028.

L’équipe de France de para natation reprend le chemin d’un grand championnat international. À Kocaeli, les Bleus arriveront avec un collectif différent, mais aussi avec les premiers signes encourageants du travail engagé depuis le début de cette nouvelle paralympiade. 

Une nouvelle génération progresse et commence à se rapprocher du niveau international. Certains jeunes ont décroché leur qualification pour ces Championnats d’Europe, tandis que d’autres sont passés tout près. 

« La dynamique est intéressante. Nous voyons une nouvelle génération progresser et commencer à se rapprocher du niveau international. Certains jeunes ont réussi à décrocher leur qualification pour ces Championnats d’Europe, d’autres n’en étaient vraiment pas loin. C’est encourageant parce que cela montre que le travail engagé depuis le début de la paralympiade commence à produire ses effets et que la densité se développe progressivement au sein du collectif français. », explique Guillaume Domingo, manager de la performance de la para natation à la Fédération Française Handisport. 

Un contexte particulier 

Ces Championnats d’Europe ne se dérouleront cependant pas dans les conditions initialement prévues. La compétition devait avoir lieu début juillet aux Pays-Bas avant d’être reportée et déplacée à Kocaeli. Un bouleversement qui a directement influencé la manière dont le staff et les nageurs ont choisi d’aborder ce rendez-vous. 

« Le report a effectivement conduit certains de nos nageurs cadres à privilégier une reprise de saison plus classique et à ne pas participer à ces Championnats d’Europe. C’est un choix que nous avons pleinement partagé avec eux. Il faut aussi prendre un peu de recul. Depuis près de dix ans, nos nageurs ont connu un enchaînement particulièrement dense de grandes compétitions internationales, avec plusieurs échéances majeures organisées tardivement dans la saison. À ce niveau de pratique, cette accumulation peut générer une véritable usure, aussi bien physique que psychologique. À deux ans des Jeux de Los Angeles, nous devons être capables de penser la performance dans la durée et pas uniquement compétition après compétition. » 

Dans ce contexte, les objectifs ont été adaptés à la situation de chaque nageur et à sa trajectoire dans la paralympiade. 

« Nous avons donc volontairement individualisé notre approche. Pour certains, le choix le plus pertinent était de ne pas participer et de préserver une préparation cohérente pour la suite. Pour d’autres, Kocaeli représente au contraire une opportunité intéressante de se confronter au niveau international, même sans être nécessairement au sommet de leur état de forme. Et pour les plus jeunes, c’est une occasion importante de prendre de l’expérience. C’est aussi cela, construire une équipe : accepter qu’une même compétition puisse avoir des objectifs différents selon les trajectoires individuelles, tout en conservant une ambition collective forte. » 

Des ambitions bien présentes 

Cette configuration particulière ne signifie pas pour autant que les Bleus se rendront en Turquie sans ambition. Plusieurs nageurs auront de réelles possibilités de jouer les premiers rôles sur leurs épreuves. 

« Même avec l’absence de plusieurs cadres, cette équipe ne manquera pas de ressources. Nous pourrons notamment compter sur Laurent Chardard, Hector Denayer, Agathe Pauli ou encore Dimitri Granjux, qui auront de réelles ambitions sur leurs différentes épreuves et peuvent prétendre aux podiums européens. Mais je ne voudrais pas réduire notre lecture de ces Championnats aux seules médailles. Beaucoup de nos nageurs arrivent avec une vraie culture de la compétition et l’envie de tirer le maximum de leur niveau du moment. À Kocaeli, il faudra donc regarder les podiums, bien sûr, mais également les chronos, les écarts avec les meilleurs et la capacité à produire sa meilleure performance lorsque l’enjeu augmente. » 

Au-delà du tableau des médailles, ces Championnats permettront donc aussi de situer plus précisément chacun des nageurs français face à la concurrence européenne. 

« Dans notre analyse, une médaille aura évidemment de la valeur, mais un chrono de référence ou une progression significative face à la concurrence internationale pourront être tout aussi riches d’enseignements. Ce que nous cherchons, c’est à savoir où chacun se situe et ce qu’il reste à construire pour franchir l’étape suivante. » 

Kocaeli pour préparer la suite 

Cette dimension prendra une importance particulière pour les nageurs qui commencent à s’installer au niveau international. Le collectif présent à Kocaeli réunira en effet des profils et des expériences très différents. 

« C’est probablement l’un des principaux intérêts de cette compétition. Kocaeli doit nous permettre d’observer des athlètes à des moments très différents de leur parcours : certains possèdent déjà une grande expérience internationale, d’autres retrouvent ce niveau de compétition et plusieurs commencent seulement à s’y installer. Pour ces derniers, l’enjeu sera d’acquérir des repères, de comprendre les exigences d’un grand championnat et surtout de prendre progressivement leur place dans l’équipe de France. Pour le staff, cette compétition doit également nous permettre d’objectiver les progrès réalisés et d’identifier très concrètement les étapes qu’il reste à franchir. » 

Car derrière Kocaeli, la suite de la paralympiade se rapproche déjà.  « La saison prochaine changera encore de dimension et les Championnats du monde constitueront une échéance majeure avec l’attribution des premières places qualificatives pour les Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028. Nous voulons donc profiter de Kocaeli pour performer, évidemment, mais aussi pour apprendre. Savoir où nous en sommes aujourd’hui, identifier où se situent encore nos marges de progression et repartir avec une vision plus précise du travail à accomplir. À deux ans des Jeux, c’est probablement l’enseignement le plus important que cette compétition peut nous apporter. » 

La sélection française 

>> CHARDARD Laurent (GUYENNE HANDI NAGES) 
>> DENAYER Hector (HANDISPORT SELESTAT) 
>> GRANJUX Dimitri (LYON NATATION METROPOLE) 
>> PAULI Agathe (HANDISPORT ANTIBES MEDITERRANEE) 
>> ROCHDI Chams (GUYENNE HANDI NAGES) 
>> SACHE Solène (CERGY PONTOISE NATATION) 
>> SERRES Sandrine (AQUA NAT’ JUVIGNAC) 
>> VIEIRA Quentin (LYON NATATION METROPOLE)

STAFF 
DOMINGO Guillaume (Manager de la Performance) – MEKHMOUKH Ramzi (Entraîneur) – ROISNEAU Bruno (Entraîneur) – DAGUET Mickaël (Entraîneur) – GARNIER Florence (Analyste des données) – HEMERYCK Baptiste (Masseur-kinésithérapeute) – FARCY Louna (Masseur-kinésithérapeute)

 Programme de la compétition