Cinquième des Championnats du monde de São Paulo, l’équipe de France égale sa meilleure performance mondiale. Un résultat obtenu avec un collectif largement renouvelé, qui aura confirmé pendant la compétition la densité entrevue ces derniers mois. Si la marche reste encore haute pour rejoindre les toutes meilleures nations, les Bleus quittent le Brésil avec des certitudes et, surtout, l’envie de ne plus se considérer comme des outsiders.
Ils étaient venus à São Paulo pour savoir jusqu’où ce nouveau collectif pouvait aller. Une dizaine de jours plus tard, les Bleus repartent du Brésil avec une première réponse.
Cinquième du Mondial, la France égale la meilleure performance de son histoire dans la compétition. Mais pour Adrien Chalmin, arrivé à la tête de l’équipe quelques mois plus tôt, le classement ne raconte qu’une partie de ce qui s’est joué à São Paulo.
Avec un groupe largement renouvelé depuis les Jeux de Paris 2024 et cinq joueurs qui découvraient un Championnat du monde, le staff souhaitait profiter de cette compétition pour donner du temps de jeu et de l’expérience à l’ensemble de l’effectif. L’objectif : impliquer pleinement chaque joueur dans le collectif et poursuivre la construction du groupe dans la perspective de Los Angeles 2028..
« En moyenne, dix joueurs ont joué sur l’ensemble des matchs avec un collectif fortement rajeuni. Cela témoigne d’un niveau désormais assez homogène dans l’ensemble du groupe et de l’importance de chaque membre de ce collectif », retient Adrien Chalmin.
Tout n’a pourtant pas suivi le scénario espéré. L’équipe a dû composer avec l’absence de plusieurs joueurs cadres, certains pour des raisons médicales, d’autres en raison d’une exclusion ou d’une suspension sportive. Ces indisponibilités ont particulièrement pesé lors de certaines rencontres, notamment face à la Grande-Bretagne. Privés de Jonathan Hivernat, leur joueur le plus expérimenté, les Français ont longtemps tenu tête aux Britanniques avant l’exclusion de Sébastien Verdin. Cette défaite a ensuite placé les Bleus sur une trajectoire beaucoup plus difficile, avec les États-Unis dès les quarts de finale.
Le dernier carré s’est alors éloigné, mais pas les enseignements.
Car même diminuée, la France a montré qu’elle disposait désormais de davantage de solutions pour rester compétitive. Un constat qui vient confirmer ce qu’Adrien Chalmin et son adjoint David Willsie pressentaient avant le Mondial : derrière les cadres, plusieurs joueurs sont désormais capables de répondre aux exigences du très haut niveau.
NE PLUS SE VOIR COMME UN OUTSIDER
La cinquième place ne masque cependant pas ce qui sépare encore les Bleus du sommet mondial. Adrien Chalmin identifie plusieurs axes de progression, dans le jeu comme sur les plans physique et mental. Mais après seulement cinq mois de travail, il retient surtout la capacité des joueurs de l’équipe de France à assimiler rapidement un nouveau système, à jouer plus libérés et à prendre du plaisir ensemble.
Et pour la suite, le sélectionneur veut surtout faire évoluer le regard que les Bleus portent sur eux-mêmes. « On ne doit plus maintenant se positionner comme une équipe outsider. On doit se positionner, dans notre gestion, comme une équipe qui fait partie du top 3 mondial. »
Une ambition qui ne repose pas uniquement sur les douze joueurs présents au Brésil. Derrière eux, Adrien Chalmin voit également émerger un vivier capable d’alimenter l’équipe dans les prochains mois, avec plusieurs réservistes susceptibles de rejoindre rapidement le collectif. Une profondeur qui nourrit la marge de progression entrevue à São Paulo.
UN PROJET QUI DÉPASSE LE MONDIAL
Au moment de refermer ce Championnat du monde, Adrien Chalmin tient enfin à replacer cette cinquième place dans un projet plus large.
Le sélectionneur souligne notamment le soutien de la Fédération Française Handisport et les conditions mises en place autour de l’équipe au cours de ces cinq premiers mois. Il associe également les clubs français à cette dynamique, eux qui accompagnent les joueurs au quotidien et participent directement à la construction du réservoir tricolore.
À São Paulo, les Bleus n’ont donc pas encore rejoint le dernier carré mondial. Mais ils ont égalé leur meilleure performance avec une équipe en pleine reconstruction, donné du temps de jeu à une grande partie du groupe et confirmé qu’ils disposaient de nouvelles solutions.
Le « nouveau chapitre » annoncé avant le départ est désormais ouvert. Reste aux Bleus à écrire la suite avec une ambition nouvelle : ne plus seulement chercher à rivaliser avec les meilleures nations, mais apprendre à se considérer eux-mêmes comme l’une d’entre elles.
Crédit photo : Marcello Zambrana
