Mondial paracyclisme, une équipe aux nombreux visages

Un an après avoir dominé les Championnats du monde de Ronse, l’équipe de France de para cyclisme aborde cette nouvelle échéance internationale avec le même objectif : rester la nation de référence. Du 4 au 7 septembre, les Bleus seront à Huntsville, aux États-Unis, avec une délégation record, des champions confirmés et une concurrence qui n’a cessé de grandir au sein du collectif tricolore.

À Ronse, en 2025, l’équipe de France avait quitté la Belgique avec vingt-sept médailles, douze titres mondiaux et une première place au classement des nations. Alexandre Léauté, Mathieu Bosredon, Florian Jouanny, Anaïs Vincent et les cadres tricolores avaient répondu présent, tandis que d’autres athlètes avaient commencé à bousculer la hiérarchie.

Un an plus tard, c’est avec ce statut de première nation mondiale que les Bleus traverseront l’Atlantique. Du 4 au 7 septembre, 28 athlètes français sont sélectionnés pour disputer les Championnats du monde sur route à Huntsville. Une délégation particulièrement importante qui raconte aussi l’évolution du collectif tricolore.

Car derrière les champions déjà installés, la concurrence a grandi. « On a beaucoup de nouveaux qui sont arrivés et qui ont performé », constate Laurent Thirionet, manager de la performance du para cyclisme à la Fédération Française Handisport. « Certains ont même réussi cette saison à devancer des athlètes qui avaient brillé aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 ».

UN COLLECTIF AUX MULTIPLES ATOUTS

Dorian Foulon, Alexandre Léauté, Gatien Le Rousseau, Florian Jouanny, Kévin Le Cunff, Joseph Fritsch, Loïc Vergnaud, Heïdi Gaugain, sans oublier les tandems… Les visages bien connus du para cyclisme français seront nombreux à Huntsville. Mais la liste ne s’arrête plus là. Arthur Bauchet, Louis Hubert, Thomas Tarou, Mathis Lebeau, Anthony Bethleem, Tifany Huot-Marchand ou encore Margot Boulet illustrent eux aussi la densité grandissante du collectif tricolore.

Une richesse qui permettra à l’équipe de France d’être représentée dans la quasi-totalité des épreuves et des catégories à Huntsville, preuve de la bonne santé actuelle du para cyclisme français.

Les deux dernières manches de Coupe du monde, disputées en Belgique et en Italie, ont-elles aussi confirmé la dynamique du collectif. Présents sur de nombreux podiums dans les différentes catégories, les Français y ont accumulé les médailles et les victoires, confirmant la densité d’un groupe qui arrive à Huntsville avec de nombreux arguments.

Car sur le papier, les occasions de monter sur le podium seront nombreuses. Mais Laurent Thirionet se garde bien de commencer à compter les médailles avant le départ. Sur une course, une crevaison, une chute ou simplement un jour sans peuvent rapidement rebattre les cartes. Une incertitude qui ne change pourtant rien à l’objectif collectif. « Il faut absolument qu’on confirme. Il n’est pas question qu’on ne soit plus numéro un. On doit être numéro un tous les ans ». Après les 27 médailles décrochées à Ronse, le message est clair : les Bleus ne traverseront pas l’Atlantique pour défendre leurs acquis. Ils veulent continuer à avancer et assumer cette place de première nation mondiale qu’ils ont construite au fil des dernières saisons.

LE STATUT DE FAVORI, SANS LE POIDS DE LA PRESSION

Être numéro un signifie aussi arriver avec une cible dans le dos. Laurent Thirionet l’assume sans pour autant sentir une pression supplémentaire peser sur son groupe. La force française tient justement à la multiplication des athlètes capables de jouer les premières places. Si l’un connaît une journée plus difficile, un autre peut être en mesure de prendre le relais.

Et derrière les résultats, le manager insiste surtout sur ce qui s’est construit au sein du collectif.
« On a un super groupe, avec une superbe ambiance. Aujourd’hui, notre travail, c’est de faire en sorte que les athlètes n’aient rien d’autre à penser qu’à leur performance. Tout ce qui est autour, c’est à nous de le gérer. »

À Huntsville, cette volonté se traduira par une attention accrue portée aux moindres détails. Transport, hébergement, repas, reconnaissance des circuits, organisation quotidienne : tout a été anticipé pour placer les sportifs dans les meilleures conditions et leur permettre de se concentrer pleinement sur leur performance.

L’idée est simple : lorsque le départ sera donné, il ne devra plus rester que la course. Le terrain américain ne devrait pas non plus réserver de grande surprise selon Laurent Thirionet. De larges routes, un parcours peu accidenté et des températures qui devraient avoisiner les 28 degrés attendent les Bleus.

LE RETOUR ATTENDU D’ALEXANDRE LÉAUTÉ

Parmi les Bleus à suivre à Huntsville, Alexandre Léauté signera son retour au plus haut niveau après plusieurs mois loin des compétitions. Victime d’une lourde chute à l’entraînement en avril qui la contraint à observer une pause de plusieurs longues semaines, le multiple champion paralympique avait notamment dû renoncer aux Championnats d’Europe.

« Il est remonté à bloc », glisse Laurent Thirionet. Son retour viendra renforcer une catégorie C2 où la concurrence tricolore s’est particulièrement densifiée ces derniers mois, Arthur Bauchet et Grégoire Berthon ayant eux aussi montré leur capacité à jouer aux avant-postes. Une concurrence qui illustre aussi la force actuelle du collectif tricolore, où plusieurs athlètes sont désormais capables de jouer les premières places.

À Huntsville, la France ne partira donc pas à la conquête d’un statut mais avec l’ambition de défendre celui qu’elle s’est construite : celle de première nation mondiale !

La sélection française

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