L’équipe de France, 6e, entre regrets et satisfactions

L’équipe de France de rugby-fauteuil a échoué à la 6e place de ce championnat du monde, remporté par l’Australie, devant les États-Unis. La Japon, quant à lui, termine 3e devant le Danemark. Après un sans-faute très encourageant en poule, les Bleus ont cédé face au Danemark, le pays hôte, en quart de finale, avant de trouver les ressources pour décrocher la 6e place lors des matches de classement. Cédric Dubord, un des trois entraîneurs de l’équipe, dresse un bilan positif, en l’absence de Michel Terrefond. Le directeur sportif de la discipline pour la Fédération Française Handisport, testé positif au Covid-19, a été contraint de suivre l’épreuve depuis son domicile en France.  

L’équipe de France de rugby-fauteuil n’a pas démérité. Au Danemark lors des championnats du monde disputés entre le 10 et le 16 octobre, les Tricolores, 6e après leur revers en quart de finale contre les Danois (53-55 après prolongations) et leur défaite lors du dernier match contre le Canada (48-60), avaient signé un remarquable sans-faute en poule. « C’est dommage de terminer ainsi, sur une défaite aussi lourde. Je pense que c’était le match de trop mais on a tenu le Canada sur les trois premiers quarts-temps  », décrit Cédric Dubord.« Le bilan reste positif avec six victoires, pour deux défaites. »

L’entrée en matière laissait penser au meilleur et notamment à une qualification pour les demi-finales. L’objectif annoncé. Raté. « Accéder au dernier carré pour la première fois de notre histoire était l’objectif », reconnaît Cédric Dubord, l’un des trois entraîneurs des Français avec Bob Vanacker et William Ybert. « Mais ne pas l’avoir atteint ne peut pas être considéré comme un échec. » Tant dans la forme que dans la manière.

Un état d’esprit irréprochable

Les protégés de Michel Terrefond, qui n’a pu suivre le parcours des siens que de loin, ont livré un match plein face aux Danois à Velje, en quart de finale. Dommage parce que jusqu’alors le scénario se déroulait comme dans les plus beaux rêves du staff français. « Nous n’avons jamais rien lâché, arrachant la prolongation dans la dernière minute du temps réglementaire », rappelle Cédric Dubord. « Mais Il nous a manqué un peu de fraîcheur et de lucidité. Sans oublier le public danois très fervent. Il a incontestablement apporté le petit plus qui permet de forcer les décisions. » Dans le jeu, la France a buté sur la défense de zone danoise (défense en key). « C’est un axe de travail pour la suite », reconnaît-t-il. 

Les Français, sur la lancée de leur titre de champion d’Europe décroché en février 2022, ont pu faire tourner les line-up contre la Nouvelle-Zélande et la Suisse, lors du hors-d’œuvre. Des rotations bienvenues pour permettre au line-up titulaire d’arriver dans le rythme et frais contre les États-Unis et les Anglais, respectivement champions paralympiques à Rio et à Tokyo. Malgré un petit retard au score, les équipiers du capitaine Jonathan Hivernat n’ont jamais abdiqué pour s’imposer à chaque fois d’un point. Deux grosses performances bonifiées par le succès en dessert contre l’Allemagne, le jeudi. « On a battu les États-Unis, vice-champions du monde, pour la première fois. Et on a su enchaîné avec une autre victoire contre les Anglais, que nous avions battu en finale des championnats d’Europe en février dernier », se réjouit Cédric Dubord.

Malgré un déficit de stages préparatoires et de compétitions amicales (cela va s’améliorer à compter de 2023 avec l’entrée du collectif France dans la cellule performance de l’ANS), les Français ont levé des barrières psychologiques importantes. Ils ont aussi fait preuve de caractère pour réagir malgré l’énorme désillusion en quart de finale, pour battre les Anglais et finir 6es. « Ne rien lâcher était le mot d’ordre. Il a été tenu », apprécie l’entraîneur français.« Nous avons fait tourner pour offrir du temps de jeu à ceux qui en avaient moins lors du dernier quart-temps contre le Canada. Ce n’était pas un cadeau parce que nous étions dans le dur et nous comptions un retard de trois à quatre points. »

Gagner en homogénéité

La France va désormais devoir se frotter davantage à l’élite mondiale à travers des stages et des épreuves amicales. Cela devra permettre de gagner encore en homogénéité. « Nos line-up deux et trois doivent encore s’améliorer  », estime Cédric Dubord. « C’est indispensable pour permettre de faire souffler davantage les titulaires afin qu’ils arrivent dans les meilleures dispositions pour les matches couperets et en fin de compétition, pour les places sur le podium. »  

Ce championnat du monde apporte donc de nombreux motifs de satisfaction et des pistes de travail intéressantes dans l’optique du championnat d’Europe prévu du 2 au 6 mai 2023 à Cardiff (Pays de Galles) et de la coupe du monde, organisée en octobre à Paris.   

Rédaction : J. Soyer


Le parcours des Bleus

Phase de poule : France – Nouvelle-Zélande : 60-42. France – Suisse : 58-34. France – États-Unis : 49-48. France – Grande-Bretagne : 55-54. France – Allemagne : 60-46.

Quart de finale : Danemark – France : 55-53. Matches 5 à 8 : France – Grande Bretagne : 51-48. Match 5-6e place : France – Canada : 48-60.

Podium. Finale : Australie bat États-Unis : 58-55. 3e place : Japon bat Danemark : 61-57.

La sélection française : Adrien Chalmin, Nicolas Valentim (AS Montferrand), Corentin Le Guen, Sébastien Verdin (CS Nuitons), Cédric Nankin, Ryadh Sallem (CAPSAAA Paris), Mathieu Thiriet, Rodolphe Jarlan, Jonathan Hivernat (Stade Toulousain RH), Brice Maurel (Montpellier HR), Jordan Ducret (Atlantique Rugby Fauteuil). Absent : Christophe Corompt (CS Bourgoin Handisport) : malade avant le départ.

Staff : Michel Terrefond (DS, absent Covid-19), Bob Vanacker (head coach), William Ybert (coach), Cédric Dubord (coach), Justin Frihsberg (coach). David Pawlak (kiné), René Ducros (mécano), Bruno Poncelet, Frédéric Garcia (infirmiers).