Certifier des compétitions équitables. C’est l’objectif du système de classification mis en place dans le mouvement parasportif. L’enjeu : permettre aux athlètes de gagner parce qu’elles/ils sont les meilleur(e)s pas parce qu’ils sont moins handicapé(e)s que leurs adversaires. La Fédération Française Handisport s’est beaucoup structurée en matière de classification afin de coller au plus près aux critères internationaux. Propre à chaque parasport, ce système est fondamental dans le parcours des sportives et sportives à tous les niveaux de compétition.
La singularité première du parasport réside dans l’existence de catégories de handicap. Lorsqu’un(e) athlète concourt sur une compétition parasportive, il est au préalable classé dans une catégorie de handicap, régie par un système de classification.
Un préalable important : en France, 12 millions de personnes sont reconnues en situation de handicap. Mais cela ne fait pas 12 millions de compétiteurs potentiels en parasport. Chaque pays a sa reconnaissance, de ce qu’elle considère dans la société civile, comme un handicap. Aujourd’hui, les Maisons départementales des personnes en situation de handicap (MDPH) peuvent reconnaître une lombalgie chronique ou un lupus comme un handicap. Mais ces pathologies, comme d’autres, ne sont pas éligibles à la pratique du parasport, selon les critères fixés par le Code de classification du Comité international paralympique (IPC). Ne pas être classifié au regard de ce Code ne signifie pas, ne pas avoir de handicap.
La classification, c’est regrouper les athlètes en fonction de leur niveau du handicap dans le but de créer des compétitions équitables. « Un athlète ne doit pas gagner parce qu’il est moins handicapé mais parce que je suis le meilleur, traduit Sami El Gueddari. La classification garantit l’équité de la compétition. »
Ce système doit être impartial et juste tout le temps. La classification évalue les capacités fonctionnelles des sportif(ve)s. « Son objectif est de distinguer ce que l’athlète ne peut pas faire de ce qu’il ne sait pas faire, poursuit le Directeur technique national adjoint en charge de la performance pour la Fédération Française Handisport (FFH). Par exemple, un nageur capable de marcher dans la vie quotidienne mais qui n’ultilise pas ses jambes pour nager nde sera pas considérer par les classificateurs comme ayant des jambes non fonctionnelles mais plutôt comme n’exploita,t pas son potentiel. A l’inverse, un nageurs amputé des membres inférieurs ou sans fonction des jambes, ne pourra en aucun cas les utiliser. »
Un système évolutif
Dans certains cas de figure, les athlètes mineurs devront être revus (review). Et celles et ceux présentant des pathologies évolutives sont généralement revu(e)s tous les deux ans.
Le système de classification évalue l’impact de la déficience au regard d’une discipline. « On n’utilise pas les mêmes ressources motrices et musculaires pour pratiquer le para-tennis de table, le para-athlétisme ou le basket fauteuil. Le système de classification se fait donc par sport. »

Enfin, le processus de classification n’est pas figé. Les tests sont de plus en plus normés et précis à l’international (collecte de datas plus fournie, progrès médicaux ou para-médicaux). « Chez les déficients visuels, avant la révision du Code de classification, les myopes étaient acceptés. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas parce que la myopie s’opère, cite en exemple Sami El Gueddari. La technologie, les avancées médicales et para-médicales questionnent la manière dont les fédérations internationales doivent penser les classifications. »
Depuis huit ans, la structuration de la FFH sur ce sujet s’est fortement renforcée. Aujourd’hui dans la quasi-totalité des sports paralympiques, l’organisation de la classification nationale est alignée sur celle de l’international. « La FFH met en place des panels de classificateurs, avec un staff médical ou paramédical et un technicien, comme à l’international, appuie Sami El Gueddari. La classification doit être la plus juste possible parce qu’elle est déterminante pour l’équité au niveau national et dans le parcours de l’athlète. Vivre une classification au format international dans le déroulement lui permet de se familiariser avec la procédure. »
La FFH ouvre au plus grand nombre
La FFH, eu égard sa mission de service public, doit inciter le plus grand nombre de personnes en situation de handicap à la pratique sportive. « Et que chacun ait le choix de son sport pour une totale inclusion », appuie Charles Hordenneau.
Dans certains sports, quand c’est possible, la Fédération essaie au maximum d’ouvrir à des handicaps non éligibles à l’international. Ils sont appelés Nationaux Eligibles ou Non-éligibles (NE). « Cette classification, qui répond à la même volonté de créer des épreuves équitables, s’arrête au niveau national », développe le responsable du développement des pratiques à la FFH. La catégorie NE en boccia est un exemple. Cette catégorie, propre à la France, est divisée en quatre classes et représente environ 65 % de la pratique compétitive. Dans d’autres disciplines, notamment mesurables (natation, athlétisme), il est possible d’accueillir, soit en parallèle des compétitions officielles (sans délivrance de titres), soit dans des circuits autonomes, des compétiteurs NE.
Le futsal, ouvert à tous les marchants qui présentent un handicap moteur ou sensoriel, est un autre exemple de pratique créée par la FFH pour répondre à la demande. « Une grille de classification aux points, comme cela existe au basket, a été établie, poursuit-il. Plus le handicap impacte la pratique, plus le point est petit. Mais dans cette grille, un éventail plus large de handicaps, y compris ceux ne répondant pas au handicap fixé par l’IPC, est reconnu. »
Se former pour devenir classificateur
Une séance de classification nationale comme internationale est réalisée par un panel. Un(e) professionnel(le) du milieu médical ou para-médical, appelé « medical », et un entraîneur et/ou un technicien de la discipline, appelé « technical ».
La FFH développe encore sa structuration en matière de formation. Deux chemins existent principalement. « Il y a la formation entre pairs, avec un suivi individuel et pratico-pratique, avec un accompagnement sur le terrain lors des différents championnats afin que le stagiaire acquiert l’autonomie requise, détaille Charles Hordenneau. Et une formation plus construite avec des sessions animées par un classificateur international. Elles regroupent plusieurs stagiaires auxquels sont proposés des modules théoriques, pratiques et une séance de classification. » Plusieurs années de pratique et/ou de compétitions suivies sont nécessaires pour être autonome et prétendre suivre une formation de classificateur international.
Il existe trois niveaux de classificateur à l’international et la FFH en compte, à date, une quinzaine.
La pré-classification, une première étape
La FFH solidifie, depuis près de deux ans, la pré-classification. Des outils sont mis à disposition des encadrants et référents territoriaux pour leur permettre d’identifier, en diminuant autant que possible la marge d’erreur une personne éligible ou non puis de définir une pré-classification plus précise.

Cette pré-classification n’est pas officielle parce que la classification nationale doit se faire devant un panel certifié et en présentiel. Mais elle permet aux sportives et aux sportifs de s’inscrire aux premiers niveaux du circuit de compétition et de potentiellement se qualifier pour un championnat de France, pour lequel il/elle devra avoir passé la séance de classification nationale. Cette dernière confirmera ou pas la pré-classification.ification nationale doit se faire devant un panel certifié et en présentiel. Mais elle permet aux sportives et aux sportifs de s’inscrire aux premiers niveaux du circuit de compétition et de potentiellement se qulifier pour un championnat de France, pour lequel il/elle devra avoir passé la séance de classification nationale. Cette dernière confirmera ou pas la pré-classification.
Dans tous les cas, la classification ne doit pas être considérée comme une sanction mais comme un challenge. Comme une ouverture à ce qu’il est possible d’accomplir à force de travail et d’entraînement.
