L’équipe de France de boccia quitte Séoul avec une médaille de bronze historique décrochée par Jules Ménard en BC3, la première de la boccia française lors d’un Championnat du monde. Si le bilan d’ensemble reste en deçà des ambitions affichées avant la compétition, ce Mondial aura permis aux Bleus de se confronter une nouvelle fois aux meilleurs et d’identifier les axes de travail à deux ans des Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028.
Ils étaient venus à Séoul avec l’envie de jouer libérés, de regarder les meilleures nations dans les yeux et de saisir les opportunités qui se présenteraient. Au terme de ces Championnats du monde, le sentiment est forcément partagé pour le collectif français. Les résultats n’ont pas toujours récompensé les ambitions tricolores, mais une performance restera dans l’histoire : la médaille de bronze de Jules Ménard en BC3.
Jules Ménard ouvre une nouvelle page
Jules Ménard aura été l’un des grands acteurs français de ce Mondial. Au fil de son parcours, le Français a montré qu’il était désormais capable de rivaliser avec les références internationales, jusqu’à s’offrir le numéro un mondial pour décrocher sa place dans le dernier carré.
Une performance de très haut niveau qui confirme le chemin parcouru ces dernières saisons.
« La médaille de bronze de Jules Ménard vient récompenser un travail acharné et assidu. C’est une première pour la boccia française aux Championnats du monde » souligne Marie-Pierre Leblanc, manager de la performance de la boccia à la Fédération Française Handisport.
La demi-finale laissera davantage de regrets. Après avoir éliminé le n°1 mondial en huitièmes, puis le n°2 mondial en quarts de finale, Jules Ménard abordait ce dernier carré fort d’un parcours remarquable. Moins libéré que lors des tours précédents, le Français n’est toutefois pas parvenu à retrouver ce qui avait fait sa force jusque-là. Il a su immédiatement se remobiliser pour aller chercher le bronze et offrir à la France sa première médaille mondiale.
Des regrets, mais surtout des enseignements
Derrière cette médaille historique, le collectif français espérait davantage à Séoul. Aurélie Aubert et Sonia Heckel arrivaient notamment avec de solides références internationales, tandis que la paire BC3 composée de Jules Ménard et Mathilde Troude avait connu une saison particulièrement encourageante.
Cinquièmes mondiaux avant la compétition après être partis du 16e rang au lendemain des Jeux de Paris, Jules Ménard et Mathilde Troude n’ont cette fois pas réussi à concrétiser leur dynamique en paire.
« Après une saison particulièrement riche et ponctuée de résultats positifs, nous n’avons malheureusement pas su concrétiser sur ce Championnat du monde. La déception est bien présente, mais cette expérience nous permettra également de tirer des enseignements précieux pour la suite », analyse Marie-Pierre Leblanc.
Le constat est similaire à l’échelle du collectif. Les Bleus avaient les ambitions et les armes pour espérer davantage, mais n’ont pas toujours réussi à exprimer pleinement leur niveau dans les moments décisifs.
« Le résultat final n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Nous avons parfois failli techniquement, mais le mental n’a pas été notre fort sur cette compétition. Il y a forcément de la déception, mais nous avons également identifié des pistes de travail qui nous permettront de mieux préparer la saison prochaine. »
Continuer à construire vers Los Angeles
À deux ans des Jeux Paralympiques de Los Angeles, Séoul constituait une étape importante, mais pas une finalité. Ces Championnats du monde permettent aussi au staff tricolore de disposer de nouveaux repères face au plus haut niveau international et d’identifier précisément les secteurs dans lesquels le collectif doit encore progresser.
Car au-delà des résultats bruts, le chemin parcouru depuis Paris est bien réel. Jamais la France n’avait qualifié autant de joueurs pour une échéance mondiale. Le groupe gagne en expérience, les Tricolores sont désormais capables de rivaliser avec les meilleurs et la première médaille mondiale décrochée par Jules Ménard vient matérialiser cette progression.
« À deux ans des Jeux, le bilan général reste tout de même positif. Nous sommes sur la bonne voie. Notre collectif gagne en expérience, grandit et continue de se construire. Cette compétition nous permet de mesurer le chemin parcouru, mais aussi celui qu’il nous reste à parcourir pour atteindre nos objectifs. »
La suite se construira donc à partir des enseignements de Séoul. Le staff et les joueurs vont désormais pouvoir se concentrer sur les axes identifiés pendant la compétition afin de franchir un nouveau cap dès la saison prochaine.
« Ce Championnat du monde était une étape importante, particulièrement enrichissante. Nous avons identifié différents points à travailler et nous allons désormais nous concentrer collectivement sur ces axes afin de préparer au mieux la saison prochaine. Tout sera mis en œuvre dans les mois à venir pour arriver en forme, prêts et ambitieux, avec un objectif clair : aller chercher notre qualification dans le but de performer à Los Angeles en 2028″.
