Cécifoot : les Bleus toujours sur le toit de l’Europe !

Deux ans après avoir conquis l’or paralympique au pied de la Tour Eiffel, l’équipe de France de cécifoot a encore frappé. À Strasbourg, les Bleus ont décroché un quatrième titre de champions d’Europe en dominant l’Angleterre (1-0) en finale. Cinq matchs, cinq victoires et une nouvelle couronne : la France confirme qu’elle est bien la référence européenne du moment.

Ils étaient attendus. Champions d’Europe en titre, champions paralympiques à Paris en 2024 et portés par leur public à Strasbourg, les Bleus avaient une couronne à défendre et un nouveau statut à assumer. Mission accomplie.

Au terme d’une semaine parfaite, l’équipe de France conserve son titre européen et ajoute une nouvelle ligne à son palmarès. Un quatrième sacre continental, décroché face à l’Angleterre au terme d’une finale disputée et parfaitement maîtrisée par les hommes de Toussaint Akpweh.

Une finale pour confirmer

Les deux équipes se connaissaient déjà bien. Opposés lors de la phase de groupes, Français et Anglais s’étaient quittés sur une première victoire tricolore. Mais pour ces retrouvailles avec le titre européen au bout, le scénario a logiquement été différent.

Plus prudente, davantage regroupée et déterminée à laisser moins d’espaces aux attaquants français, l’Angleterre a longtemps résisté. Les Bleus ont dû construire, patienter et s’appuyer sur la solidité qui les accompagne depuis le début de la compétition.

« C’était un match très serré. Les Anglais étaient plus regroupés derrière et nous attendaient davantage que lors du premier match », analyse le gardien Alessandro Bartolomucci. « Nous sommes restés solides derrière, comme on sait le faire depuis le début de la compétition. »

Une solidité qui aura été l’une des grandes forces françaises durant toute cette semaine strasbourgeoise. Avec un seul but encaissé en cinq rencontres, la défense tricolore a répondu présente jusqu’au bout.

Devant, les Bleus ont trouvé la faille nécessaire pour s’imposer 1-0 et laisser exploser leur joie au coup de sifflet final.

Cinq matchs, cinq victoires

Avec cinq victoires en cinq rencontres, les Bleus bouclent donc un Euro parfait.

Une performance d’autant plus significative qu’il s’agissait du premier grand rendez-vous international depuis le sacre paralympique de Paris 2024. Désormais, chaque adversaire veut faire tomber la France. Chaque rencontre possède une saveur particulière face aux champions paralympiques.

Et les Tricolores le savaient.

« Tout le monde a à cœur de faire chuter l’équipe de France. Ce n’est pas seulement le champion d’Europe que les équipes veulent battre, c’est aussi le champion paralympique en titre », souligne Toussaint Akpweh.

Mais Strasbourg a aussi permis au sélectionneur de voir son collectif continuer à évoluer.

« Je suis fier de mon équipe, de ce collectif qui performe encore ici après les Jeux de Paris. Je voulais que nous présentions l’image d’une équipe qui évolue, capable de poser des problèmes dans différents compartiments, mentalement, athlétiquement et tactiquement. Nous avons répondu présents. Les performances n’arrivent pas toutes seules, elles sont le fruit du travail. »

« Le plus dur, c’est de rester en haut »

Parmi les visages de cette nouvelle victoire, Frédéric Villeroux savoure particulièrement ce quatrième titre européen.

Le capitaine des Bleus en a connu des campagnes avec l’équipe de France. Mais celle-ci avait quelque chose de particulier. Après l’immense émotion de Paris, il fallait être capable de repartir au travail et surtout de confirmer.

« C’est magnifique, surtout devant ce public, en France. On a eu la Tour Eiffel, et maintenant Strasbourg… Franchement, c’est magnifique ! », savoure-t-il.

Avant de rappeler l’importance sportive de cette nouvelle couronne.

« On a montré aux Jeux que la France était un pays performant en cécifoot. Mais le plus dur, c’est de rester en haut. Tout le monde veut te gagner et chaque match devient une finale. On a su répondre présent à chaque fois. Cinq matchs, cinq victoires : c’est un beau parcours de l’équipe de France. »

Paris n’était donc pas un aboutissement. Deux ans plus tard, les Bleus sont toujours là.

« On a montré à tout le monde qu’il faudrait compter sur la France. Maintenant, il faut continuer à travailler pour pouvoir rivaliser avec les meilleures nations mondiales. »

De Paris à Strasbourg, l’engouement continue

La victoire sportive n’est pourtant qu’une partie de l’histoire de cette semaine alsacienne.

L’autre image forte de cet Euro restera celle des tribunes pleines pour accompagner les Bleus. Deux ans après l’incroyable ferveur vécue au pied de la Tour Eiffel pendant les Jeux Paralympiques, le cécifoot a retrouvé son public.

Dans le stade, sur les réseaux sociaux ou devant les antennes de France Télévisions, la discipline a bénéficié d’une exposition majeure tout au long de la compétition.

Une confirmation pour Gaël Rivière, acteur de ce titre sur le terrain mais aussi président de la Fédération Française Handisport.

« C’était une super semaine. Je pense que c’était vraiment la semaine idéale, que ce soit sur le terrain ou par l’engouement général que cela a suscité. On a montré que le parasport, et le cécifoot en particulier, pouvait générer de l’intérêt en dehors des Jeux Paralympiques. »

Pour lui, Strasbourg marque même une étape supplémentaire dans l’héritage de Paris 2024.

« On n’est même plus au stade de l’espoir, mais de la confirmation. Nous avions l’intuition que nous pouvions organiser un événement qui intéresse les médias et le grand public. Avec la performance de l’équipe de France et une belle histoire à raconter autour de nos athlètes, nous avons montré que c’était possible. »

Même sentiment chez Alessandro Bartolomucci : « Les gens apprécient notre discipline pour ce qu’elle est : une vraie discipline sportive à part entière. Nous sommes très heureux et nous espérons qu’ils vont continuer à nous suivre. »

Continuer à gagner pour continuer à faire grandir le cécifoot

L’équation est désormais claire pour Toussaint Akpweh : pour prolonger cet engouement et installer durablement le cécifoot dans le paysage sportif français, les Bleus devront continuer à répondre présents sur le terrain.

« L’engouement et l’enthousiasme sont toujours là après les Jeux de Paris. Je le dis aux athlètes : pour pouvoir continuer à être visibles, il faut performer. Et c’est ce que nous allons continuer de faire. »

Avec ce quatrième titre européen, la France poursuit ainsi l’une des plus belles périodes de son histoire. Championne paralympique et désormais de nouveau championne d’Europe, elle conserve son trône continental et confirme sa place parmi les grandes nations du cécifoot mondial.

Après Paris 2024 et Strasbourg 2026, une chose est certaine : l’histoire de cette équipe de France est encore loin d’être terminée.